Portique de détection de radioactivité à Torcy

Déclenchement du portique de détection de radioactivité à Torcy en Saône-et-Loire

2013-06-12-CMR-Logo

Un déclenchement du portique de détection de radioactivité s’est produit mardi 4 juin 2013, lors de l’entrée d’une benne à ordure sur le centre de traitement de Torcy. Après enquête, il apparaît que ce déclenchement a été provoqué par une tête de paratonnerre, dont on ne connaît pas la provenance, et qui a fait l’objet d’un démontage par une personne non identifiée.
Une intervention du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) s’est avérée nécessaire.
Il convient de noter que, en application des procédures réglementaires prévues en pareil cas, le centre de traitement a procédé aussitôt à la mise en sécurité du véhicule et de son chargement.

2013-06-12-Camion-Benne

Photo DR

Historique :
En 1914, un scientifique hongrois, Léo Szilard met au point le premier paratonnerre à tête radioactive. En 1932, la société française Hélita commercialise le premier paratonnerre radioactif. Des sociétés développeront par la suite d’autres produits. La présence de sources radioactives sur la tête du paratonnerre devait permettre d’augmenter le rayon de protection par rapport à un paratonnerre « classique », en rendant l’air conducteur au voisinage des sources scellées. Ils ont été équipés, selon leur type, par des sources scellées au radium 226 puis à l’américium 241.

État du parc :
Les paratonnerres radioactifs ont été fabriqués et installés en France entre 1932 et 1986. L’agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) estime à 40 000 le nombre de paratonnerres radioactifs encore installés en France.
L’interdiction de la commercialisation des paratonnerres radioactifs a été prononcée en 1987. Le démontage des paratonnerres radioactifs déjà installés n’a pas été rendu obligatoire par cet arrêté. Il n’y a donc pas à ce jour d’obligation de dépose des paratonnerres radioactifs installés sur le territoire français.
Par ailleurs, l’expérience a montré que le confinement des sources radioactives peut s’altérer avec le temps, augmentant ainsi les risques radiologiques lors de la dépose du paratonnerre. Les opérations de dépose doivent donc être réalisées par des sociétés spécialisées et être orientées vers les filières d’évacuation mises en place par l’ANDRA.

La position de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) :
L’ASN considère que ces objets radioactifs, même s’ils ne présentent généralement pas de risques tant qu’ils ne sont pas manipulés, est tout à fait favorable au retrait des paratonnerres radioactifs selon des procédures conformes à la réglementation applicable afin de garantir la protection des personnes.
L’ASN rappelle que les déposes de paratonnerres doivent être réalisées par des entreprises autorisées.

Un nouveau contrôle radiologique réalisé par le SDIS le 6 juin a permis de constater qu’il n’y avait pas de décroissance de l’activité de la source présente dans le chargement. Après analyse du chargement, il s’avère que les sources radioactives (pastilles en céramique) sont issues d’un paratonnerre contenant du Radium 226. Les sources ont été mises en sécurité dans l’attente d’une évacuation vers un centre spécialisé de stockage de l’ANDRA, et le reste du chargement et du véhicule ont fait l’objet de contrôles par le SDIS ne mettant pas en évidence de présence de contamination résiduelle.
Une reconstitution du cheminement de la benne à ordure permettra éventuellement de retrouver l’origine de ce paratonnerre et le ou les intervenants qui auraient pu participer à cette opération de démontage. PERSONNE SE SIGNALE.

Communiqué de la Préfecture de Saône-et-Loire, le 11 Juin 2013.

Laisser un commentaire